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Expositions

Uncool Memories #3

 

Du 22 octobre au 10 décembre 2021
Galerie de l’ÉSAD et Théâtre d’Orléans

imaginaires du bitcoin

A la racine de certaines technologies radicales, il n’y pas seulement une application pratique mais souvent des fantasmes bien plus vastes et des idéologies puissantes. C’est le cas de la crypto-monnaie bitcoin, dont le Livre blanc fondateur est publié le 31 octobre 2008, une nuit de Halloween, par l’énigmatique Satoshi Nakamoto, au sommet de la crise financière mondiale. Cette monnaie décentralisée, de pair-à-pair, qui naît dans un contexte de défiance généralisé, devait permettre d’outrepasser les Etats comme les banques.

Le workshop s’attelle à cartographier les différents courants idéologiques et politiques – parfois contradictoires – et leurs ramifications, qui sous-tendent la création de cette monnaie numérique et de l’architecture qui la supporte, la blockchain.

S’y croisent des mouvements comme les cypherpunks, qui prônent un usage proactif de la cryptographie pour protéger la vie privée et s’élèvent contre les gouvernements intrusifs, les libertariens et anarcho-capitalistes qui anticipent un effondrement imminent de l’Etat au profit d’un ordre spontané du marché ou encore les Extropiens, influente sous-culture californienne, qui pensaient, grâce à cette monnaie, agent du chaos, débrider l’innovation et vivre éternellement.

Blockchain graphique/typo variable

Atelier mené avec le graphiste Cyril Makhoul 

Afin que les processus de calcul et d’archivage de la blockchain ne restent pas dans une boîte noire inaccessible à la compréhension humaine, il est nécessaire de chercher à les rendre visible à l’aide d’outils graphiques. Poursuivant les réflexions de l’année précédente sur l’idée d’une chaîne de blocs indexée au temps des marées, l’atelier a été l’occasion de concevoir des fontes variables et de les lier aux variations de la marée à partir de données récoltées  en direct près de Saint-Nazaire. Ces formes dynamiques ont été confrontées à différentes informations et données issues de blockchains comme l’Ethereum ou le Bitcoin, pour offrir des photographies de leur activité technologique sur une période donnée ou en direct. L’atelier a également été l’occasion d’interroger le potentiel ornemental de codes chiffrés, à l’instar du système de notation numérique médiéval cistercien qui a inspiré nombre des pistes graphiques présentées. 

Energie et matérialités

Atelier mené avec l’artiste Grégoire Lauvin

A mesure que les cryptomonnaies gagnent en popularité, l’impact énergétique du bitcoin est régulièrement questionné. La sécurité et l’immutabilité des transactions est garantie par la « Preuve de travail » ; elle prend la forme d’une compétition cryptographique dénommée « minage ». Cette opération qui mobilise une grande puissance de calcul est fortement consommatrice d’électricité. Elle est exécutée par des « mineurs » qui sont en concurrence pour valider les blocs. La création de chaque bloc conduit à l’émission d’un nombre fixe de bitcoins qui récompensent les mineurs. Pour « miner » des coins, c’est-à-dire générer de nouvelles pièces, il faut donc dépenser de l’énergie.

L’artiste Grégoire Lauvin a dessiné et entrepris de réaliser une machine, Puissance, qui récupère la chaleur produite par un ordinateur qui mine du bitcoin. Cette chaleur, déchet du processus, est transformée en mouvement par un moteur Stirling et active une boîte à musique jouant l‘Internationale, l’hymne des « travailleurs », faisant écho à l’utopie d’une appropriation des moyens de production de la monnaie par le peuple.

Durant ce workshop, les participants ont été invités à imaginer des déclinaisons de machines mettant en lumière cette consommation énergétique, à partir du prototype développé par l’artiste.

Uncool Memories #2

Du 22 octobre au 10 décembre 2020
Galerie de l’ÉSAD et Théâtre d’Orléans

Pour le programme complet

L’Atelier de recherche

Suite à l’accueil du laboratoire de B.I.M. par le théâtre d’Orléans, l’exposition est pensée comme un work in progress s’achevant le 10 décembre 2020. Des séances de travail, des conférences, des ateliers et une œuvre — SIB’s de Rodrigo Azaola — exposée pour la première fois, confrontent les réflexions du collectif aux usages possibles des blockchains et au rapport qu’elles entretiennent (ou non) avec les cryptomonnaies et le capitalisme. 

Ceci n’est pas une œuvre ! 

L’équipe de Blockchain in Média s’installe pour la durée de l’exposition dans la salle KID du théâtre d’Orléans. Plutôt qu’une restitution figée de ses recherches, l’équipe préfère vous accueillir dans son atelier. Au milieu de la salle se trouve notre centre de minage, composé de plusieurs nano-ordinateurs (Raspberry Pi) connectés entre eux et fonctionnant au rythme des marées. Leur rôle est simple : miner le plus de blocs possible. Comme dans toute chaîne de blocs, chacun de ces ordinateurs stocke une copie de notre blockchain et empêche ainsi toute modification des blocs déjà minés. De l’activité de cette blockchain découlent plusieurs expérimentations autour de machines connectées. Machine à dessiner, imprimantes 3D, thermique et matricielle permettent une approche physique et graphique de la matière numérique produite par la blockchain, leurs productions devenant alors les témoins du fonctionnement de cette dernière, parfois presque invisibles et silencieux, comme un écho lointain du courant de marée. Un espace dédié nous permet de partager le résultat des dernières recherches avec vous et d’en discuter ensemble.

Rodrigo Azaola
SIB’s, 2020

SIB’s se démarque de l’amalgame entre spéculation financière et blockchains véhiculé par les médias de masse en revenant aux sources de cette technologie. Reflétant dans sa forme même l’opacité des malversations de ces établissements bancaires en les gravant en clair dans le marbre numérique qui les recouvre alors d’une couche cryptographique — aisément désactivable pour permettre une lecture par l’œil humain —, SIB’s est avant tout un hommage à l’origine du monde des blockchains : clin d’œil au premier bloc de la première blockchain dans lequel son créateur Satoshi Nakamoto avait introduit le gros titre du Times du jour d’alors, le 3 janvier 2009, annonçant le renflouement de quelques banques par le gouvernement britannique alors que la crise financière faisait rage. 
Bien que Nakamoto n’ait jamais explicité son geste, beaucoup l’ont interprété comme une référence aux raisons pour lesquelles il développait Bitcoin : éliminer les banques et les intermédiaires qu’il considérait comme corrompus et peu fiables en créant une monnaie de pair-à-pair.

Rodrigo Azaola, SIB’s, 2020
Vidéo numérique, couleur, son, 4 minutes. 
En collaboration avec Bernando Hernández (vidéo) et Sabiwa (son).
Avec le soutien de l’ÉSAD Orléans.

Rodrigo Azaola, SIB’s, 2020
Vidéo numérique, couleur, 2 minutes 57 secondes.

Commissariat : Aude Launay  

Visite virtuelle de l’exposition